Edito de MAI 2021

 La joie de l'Evangile 

Récemment, une amie de nos paroisses, épouse, mère, grand-mère et même arrière-grand-mère est venue me partager ses soucis, en particulier familiaux. Il y avait matière à exprimer de l'inquiétude, de la peine ou encore de la colère à propos de ce qu'elle vivait. Mais cette dame, plus très jeune, parvient néanmoins à garder une saine distance avec ses malheurs. Les égrainant devant moi, elle arrivait encore à en rire, en disant par exemple : « Un fils ou un petit-fils en prison ? Ça, non, je n'ai encore pas eu ! ». Depuis toujours, manifestement, cette amie fait preuve d'un solide caractère, et elle a décidé de regarder la vie positivement. Surtout, elle a compris que le rire constitue une bonne thérapie. Mais j'ai cru comprendre qu'il y avait un autre secret qui expliquait sa résistance au malheur : la prière vécue chaque jour en couple depuis plus de soixante ans, et la lecture et la méditation de l'Evangile

Je fais le lien avec un des passages d'Evangile qui parlent le plus à mon cœur, dont la lecture et la méditation m'émeuvent à chaque fois. C'est cet extrait du chapitre 11 de l'Evangile selon Saint Mathieu (11, 25-30), dans lequel on entend Jésus dire : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme ». Un des jeunes amis africains qui vivent avec moi au presbytère, issu d'une grande famille musulmane mais très fâché avec les religions, a déposé sa photo tout contre une icône qui illustre cette parole du Christ. Comme je lui demandais pourquoi il avait fait cela, il m'a simplement répondu : « Ben ! Il dit qu'il est « doux et humble de cœur ». Je tente ma chance ! ». 

Il y a mille et une raisons d'être moroses, voire en détresse psychologique ! La pandémie de la Covid-19 a atteint le moral de chacun. Chaque jour, les nouvelles du monde nous apportent leur lot de drames et de souffrances : les milliers et les milliers de morts en Inde et au Brésil à cause de la Covid, les dizaines, voire les centaines de migrants qui périssent presque quotidiennement en Méditerranée, les attentats, les violences qui partout augmentent, le chômage, les deuils... Comment ne pas nous laisser entraîner par la déprime, le découragement, la tristesse ? J'ose répondre : en regardant vers le Christ ! Qui de nous, d'ailleurs, n'a pas fait l'expérience de la consolation et de la force que l'on trouve en pénétrant, les jours de tristesse, dans la pénombre d'une église et en s'asseyant au pied d'une croix ou devant le Saint Sacrement ? Quand, épuisé, désorienté, accablé on s'abandonne entre les mains du Seigneur, sa mystérieuse présence et son amour agissant nous relèvent !

En ce mois de mai 2021, nous allons vivre successivement la mémoire de l'Ascension du Seigneur Jésus quarante jours après sa Pâque, et la mémoire vive, active du don de son Esprit fait à l'Eglise et à chacun-e à l'occasion de la Pentecôte. En les célébrant avec cœur, nous demanderons au Seigneur qu'il nous offre sa paix, sa force, sa joie en ces temps difficiles. Surtout, nous renouvellerons notre décision de le suivre en nous nourrissant de son Evangile, source de joie permanente comme le rappelait le pape François dans son exhortation « Evangelii Gaudium » de 2013. 

Christian Delorme