Edito de JUILLET 2021

Le chemin du bonheur : savoir rendre grâce 

Un groupe de chrétiens retraités avec lequel je me retrouve régulièrement depuis plusieurs années, avait choisi récemment de faire le point sur toutes les évolutions dont nous avons pu bénéficier entre 1920 et aujourd'hui. La liste s'est avérée impressionnante, de la découverte du vaccin contre la tuberculose en 1927 au développement d'Internet depuis les années 1990 (le premier courriel a été envoyé en 1971 !), en passant par l'utilisation de la chimiothérapie contre les cancers dès 1956 et la généralisation de la téléphonie mobile depuis le milieu des années 1990. Les femmes présentes relevaient, quant à elles, les progrès énormes accomplis sur le plan de l'égalité entre femmes et hommes (même s'il y a encore du chemin à faire !), tandis que d'autres membres du groupe témoignaient combien le Concile Vatican II leur avait ouvert les chemins d'une foi chrétienne vécue dans la liberté et la joie. Personne dans le groupe ne ressentait l'envie de dire qu'il aimerait revenir « aux temps d'avant ». Chacun-e, d'ailleurs, pensant à la vie qui avait été celle de ses parents ou encore de ses grands-parents, mesurait combien toutes les évolutions autant technologiques que sociétales qui ont ponctué les cent dernières années, leur ont offert plus de confort, plus de liberté... et plus d'espérance de vie ! Plusieurs parmi les membres du groupe reconnaissaient que, s'il n'y avait eu autant de progrès réalisés en particulier au plan de la santé, ils seraient morts depuis déjà longtemps ! 

Le monde des hommes a certainement été, depuis les origines de l'humanité (c'est ce que nous enseigne le Livre de la Genèse en relatant le meurtre d'Abel le juste par son frère Caïn !), un monde dur, où pour vivre et survivre il faut déployer des efforts énormes. Nous devons aussi être conscients, nous gens d'Europe occidentale, que nous faisons partie des privilégiés de la Planète, ce qui est facile à vérifier quand nous comparons nos conditions d'existence à celles de la majorité de nos frères et sœurs humains. Néanmoins, alors que nous étions 1,811 milliard d'habitants sur la Terre en 1920, nous nous retrouvons 7,8 milliards cent ans plus tard. Quatre fois plus ! Et contrairement à ce qui a été craint à une époque, il a été possible de faire face aux besoins vitaux de la majorité. Tout est, certes, fragile. Les guerres n'ont pas disparu, bien au contraire ! La maltraitance de la Planète, avec notamment le réchauffement climatique, la déforestation massive et la pollution des océans, fait courir de terribles dangers à l'humanité. Mais si les forces de destruction sont toujours à l'œuvre et parfois – hélas ! – sont victorieuses, en même temps les capacités de l'homme à triompher en face des nouveaux défis sont bien là. Nous venons de le vérifier avec la mise au point de vaccins contre la Covid-19 en seulement un an, grâce à une mutualisation mondiale des recherches.

 Celles et ceux qui portent un regard négatif sur le monde et sur les hommes, se trompent lourdement. Sans être naïfs ou inconscients en présence de réalités parfois très douloureuses, nous pouvons croire dans l'homme, avoir confiance dans la marche de l'humanité. Ainsi s'accomplit le projet de Dieu. Et savoir rendre grâce pour tout ce qui est beau et bon est le plus sûr chemin du bonheur.

Christian Delorme 

P.S. : Au moment où s'arrête l'aventure du bulletin paroissial mensuel « En Marche », je tiens à dire toute ma reconnaissance à Bernadette Lanoizelet, Marie-Elise Bertail, Marie-Madeleine Brevet et Henri Roth pour tout le temps et tout le talent qu'ils ont consacrés à celui-ci toutes ces dernières années.