Cinquante Paroissiens de St Romain, St Côme et St Damien en Savoie le lundi de Pentecôte 1er Juin 2009

tamie1Dès potron minet, un autocar confortable va offrir un beau parcours vers l’EST, traverser le Dauphiné, passer en Savoie en enjambant le Guiers, affluent du Rhône, emprunter un tunnel sous la montagne du Chat, contourner Chambéry, capitale de la Savoie, s’engager dans la Combe de Savoie où coule l’Isère, pour gravir, peu avant Alberville, la route montant au Col de Tamié et atteindre l’abbaye située à la limite des départements de Savoie et de Haute-Savoie, ainsi qu’à l’extrémité Est du Parc Régional du Massif des Bauges.

 

C’est donc dans cette trouée, à 900 m d’altitude, entourée de montagnes dépassant les 2000 m, que s’est établie au 12ème siècle, sous l’impulsion de St Pierre de Tarentaise, une communauté monastique suivant la règle de Saint Benoît. Au 17ème siècle, elle devient trappistine et les bâtiments abbatiaux sont reconstruits en conservant toutefois l’antique église romane très dépouillée. À l’entrée s’affichent les heures canoniales : vigiles à 4h, laudes à 7h15, messe à 7h35, tierce à 9h30, sexte à 12h15, none à 14h15, vêpres à 18h15 et complies à 20h. Le dimanche, l’Eucharistie est célébrée à 10h30. Un montage audiovisuel illustre la vie monacale faite de prières, célébrations, réunions (chapitre), fêtes (intronisation de l’abbé) et de travaux tels le jardinage, la fabrication du célèbre fromage grâce auquel le monastère peut vivre matériellement. Il évoque aussi le douloureux massacre des dix moines de Tibhirine en Algérie dont deux venaient de Tamié. À l’entrée de l’église se lisent deux textes : « Ma Maison s’appellera Maison de prière pour tous les peuples » (Isaïe 56-7) et « Proche de Dieu et des hommes, Notre Dame de Tamié voudrait être un lieu de rencontre assez humain pour que tous s’y sentent chez eux et assez transparent pour que tous s’y sentent aussi chez Dieu ». En effet, ce monastère attire les foules qui y cherchent le silence, la paix, un écho, une présence. Pour les paroissiens de Cuire, c’est une Eucharistie célébrée à 11h15 par notre curé, le Père Michel Naffah, et autorisée dans la chapelle d’entrée car l’église abbatiale est réservée aux moines qui arrivent à 12h15, après l’appel de la cloche sonnée manuellement, pour la prière chantée de sexte (la sixième heure après le lever du soleil). Après cette participation assez brève à la vie monastique qui impressionne par sa maîtrise des pulsions humaines, un repas convivial tiré des sacs devient une forme de vie communautaire.

L’après-midi bien ensoleillé est consacré à la découverte pédestre du centre historique de la capitale savoyarde. Le parcours commence par un arrêt devant la célèbre fontaine ornée de quatre têtes d’éléphants, élevée en 1938 en hommage au Général Comte Benoît de Boigne (1751-1830), bienfaiteur de sa ville natale après avoir fait fortune en Inde. Par des rues bien entretenues, décorées de bannières aux armes de Savoie, en longeant des façades colorées dans les tons roses et jaunes, on atteint le Château des Ducs de Savoie, impressionnant sur son tertre. Les cuirards ont l’opportunité de visiter une salle d’archives, riche en maquettes, cartes, livres anciens illustrant l’extension des États le la Maison de Savoie du 11ème au 19ème siècle, l’apogée de leur puissance se situant au 15ème siècle, lorsque leur territoire s’étend de la Bourgogne au Piémont. En 1562, la Capitale est transférée à Turin. On rappelle que la Savoie est définitivement devenue française en 1860.

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La cathédrale métropolitaine Saint François de Sales, construite dans le style gothique flamboyant en vigueur au 15ème siècle, possède une façade occidentale relativement simple, mais elle apparaît au visiteur majestueuse par ses dimensions intérieures (hauteur 23 m, largeur 34 m, longueur 70 m) et par son grand orgue installé en 1847 par le facteur lyonnais Auguste Zeiger : 2 800 tuyaux, 50 jeux sur 3 claviers et un pédalier. De plus, les murs et la voûte de cette cathédrale sont peints en trompe l’œil, ces fresques datant du 19ème siècle (de 1810 à 1835), celles de la nef représentant des scènes de l’Ancien Testament côté méridional et du Nouveau Testament côté nord. Au total 6 000 m2.

Sur le chemin du retour, les pèlerins d’un jour ont exprimé leur joie et leur satisfaction dans un climat de fraternité. Cette sortie paroissiale 2009 a été une réussite.

Pour l’E.A.P. Marcel Gay