Mondialisation, solidarité, amitié...

omcQui d’entre nous n’est pas touché de près ou de loin par la crise économique que nous traversons ? Au-delà des angoisses profondes qu’elle peut susciter chez certains (loyer à payer, stress de la compétition, avenir hypothéqué d’une entreprise…) elle est le révélateur d’une profonde mutation de nos sociétés : la mondialisation. Cette mondialisation est notre nouvel horizon de pensée, notre nouvelle condition d’existence, qu’on le veuille ou non ! Avec l’ouverture des frontières et la rapidité des moyens de communication, nous vivons dans une interdépendance à tous les niveaux : financier, économique, politique, dans les rapports nord-sud.  Les flux financiers circulent aisément ainsi que les personnes, vivement encouragées à rejoindre les bassins d’emplois, les nouveaux marchés. Une autre géographie de l’emploi se dessine avec les fameuses « délocalisations ». Les statistiques nous disent que 4 millions de Français ont changé de région au cours des dix dernières années. C’est donc un nouveau rapport à l’espace qui se vit : il s’élargit alors qu’on assiste parallèlement à un raccourcissement des temporalités : tout se vit à l’instant ! Le langage, les outils de communication sont standardisés à l’échelle mondiale. Il n’y a plus qu’une seule technologie et déjà les prémices d’une seule culture. Cette globalisation ne doit pas nous faire perdre de vue la profonde interdépendance à cultiver entre nous : celle de la solidarité, celle de l’amitié, celle des moments forts partagés, qui nourrissent les ressorts profonds de notre humanité. C’est là un défi à relever alors que la crise actuelle et les mutations de société qu’elle révèle pourraient nous entraîner à un « chacun pour soi », à la défense de nos intérêts particuliers, à un repli sur nos biens acquis, bref à un accroissement de l’individualisme. A l’approche de la fête de Paques souvenons-nous de cette parole de sagesse : il y a plus de joie à donner qu’à recevoir !
Père François Lamy