Mars 2009 : Le sacrement de Réconciliation : un ami à votre écoute

À l’approche de Pâques, les fidèles sont plus nombreux qu’en « temps ordinaire » à rencontrer un prêtre pour avouer leurs faiblesses et recevoir le Pardon de Dieu. Démarche louable, mais, souvent, pénible formalité ressentie comme une obligation annuelle afin d’être en règle avec les lois de l’Église… N’y a-t-il pas dans cette attitude une bonne dose d’infantilisme et de peur, saupoudrée d’un peu de méfiance à l’égard d’un Dieu qui, comme un radar, serait aux aguets sur les routes humaines pour bien alimenter son service de contraventions ?...

Pour ceux qui ont déjà usé bien des semelles sur les sentiers de la vie, le souvenir des confessions de leur enfance a peut-être cet arrière-goût de tribunal qui hante encore tout leur être et les détourne du Sacrement de Réconciliation. Il est temps pour eux de réaliser que le confesseur n’est plus cet inquiétant personnage qui se tapit dans l’ombre d’un isoloir, derrière un croisillon de bois, pour poser des questions indiscrètes et prononcer une implacable sentence assortie de l’exigence de ne plus s’abîmer dans les tourbillons de la faute avouée…Le Sacrement de Réconciliation, c’est un échange avec un ami qui vous comprend d’autant mieux qu’il est lui-même pécheur. C’est une rencontre d’un humain et d’un autre humain, conscients l’un et l’autre de leurs défaillances. Comme il est bon d’être ainsi en tête à tête ! Pourquoi limiter ces entrevues à la portion congrue d’un rendez-vous annuel ? Et ces fautes, faut-il être penaud d’avoir à reconnaître toujours les mêmes ? N’est-ce pas plutôt une incomparable preuve d’humilité et d’amour que l’on offre à Dieu, ce Père toujours attendri, jamais offusqué ? Chacune de ces rencontres avec l’ami qui vous écoute est une des étapes d’une merveilleuse ascension au cours de laquelle l’esprit de l’homme et l’Esprit de Dieu cheminent en étroite communion.

G. Delécraz