Edito de Décembre 2016

Générosité, justice et miséricorde

Belle surprise, voici quelques jours, quand nous avons appris que la ville de Caluire et Cuire apparaissait en troisième position, juste derrière Versailles et Neuilly-sur-Seine, au palmarès des communes de France les plus généreuses (baromètre de la générosité établi pour la vingt-et-unième fois par le réseau national Recherches et Solidarités et publié par le quotidien « La Croix » dans ses éditions du 21 novembre) ! Ainsi, notre cité est une de celles qui comptent une des plus fortes densités de donateurs, ce dont on ne peut que se réjouir.

 

La générosité de la population de notre territoire s'explique par différents facteurs. D'une part la richesse non-négligeable de toute une partie de nos concitoyens, puisqu'on observe que 56 % des donateurs en France se trouvent parmi les contribuables qui ont des revenus imposables nets de plus de 39 000 euros (des avantages fiscaux sont d'ailleurs accordés en retour). D'autre part, l'âge élevé de beaucoup de Caluirards, puisque, d'année en année, on relève que ce sont les personnes de plus de soixante-dix ans qui donnent le plus (elles représentent 31,5 % des donateurs). Mais tous les riches seniors ne sont pas pour autant donateurs; aussi convient-il de saluer comme il le mérite ce classement de notre cité ! Sans oublier qu'il y a, également, des gens modestes, voire pauvres, très généreux (et leur générosité a encore plus de valeur morale !). 

Cela étant, la générosité est une chose, la justice en est une autre, même si l'une n'est pas étrangère à l'autre. On connait le proverbe (chinois ?) tant et tant ressassé : « Mieux vaut donner une canne à pêche qu'un poisson ». Plus d'emplois disponibles, plus d'inclusion dans le fonctionnement de la cité, plus de logements sociaux... sont de loin préférables au développement des organisations de secours d'urgence qui tentent de « corriger » les dysfonctionnements d'une société. Ce mercredi 30 novembre, recevant en audience les élus lyonnais emmenés au Vatican par le Cardinal Philippe Barbarin, le Pape François n'a pas omis de leur rappeler (sachant très bien que plusieurs d'entre eux – et non des moindres – se refusent à accueillir dans leurs communes des migrants du Proche-Orient et d'Afrique comme lui-même ne cesse de le réclamer) : « Que la recherche du bien commun qui vous anime vous conduise à écouter plus particulièrement toutes les personnes en situation de précarité, sans oublier les migrants qui ont fui leurs pays à cause de la guerre, de la misère, de la violence. Ainsi, dans l'exercice de vos responsabilités, vous pourrez contribuer à l'édification d'une société plus juste et plus humaine, d'une société accueillante et fraternelle ».

Ce souci permanent du pape pour la justice, on en retrouve l'écho dans un petit livre qu'a rendu public, le 14 octobre dernier, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France : «  Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ». Dans cette adresse « aux habitants de France », les évêques font le constat d'un « vivre-ensemble » terriblement « fragilisé, fracturé, attaqué » qui demande un « renouvellement du contrat social ». Nous aurons bientôt l'occasion (le 7 décembre au soir) de reparler de ce document. Comme il nous faudra avoir également un partage sur la dernière lettre apostolique du Pape François publiée le 21 novembre pour clore l'Année Sainte de la Miséricorde et intitulée « Miséricordieuse et Misérable » !

Christian Delorme