Edito de Mars 2014

Nous voici déjà au temps du CAREME. Ce temps de 40 jours qui doit nous préparer à la fête de Pâques.

Dès le mercredi des cendres, les textes nous donnent ce que nous pouvons appeler « les piliers du carême » : la prière, le partage et le jeûne. Ceci nous invite à nous poser la question : notre cœur est-il ouvert ? Quelle place laissons-nous au Seigneur et aux autres dans notre vie de tous les jours ?

Dans ma jeunesse, je me rappelle d'un ami de classe que j'admirais beaucoup. Durant le carême, il mettait des cailloux dans ses chaussures pour faire des sacrifices. Je voulais partager mon admiration à ma mère qui me reprit : « Tu n'as pas besoin de faire de tels sacrifices ; pendant ton carême essaie plutôt de toujours garder le sourire. » Cette réflexion m'a aidé toute ma vie à donner sens à toute privation que nous pouvons nous imposer.

Parfois, nous sommes aussi découragés par cette période durant laquelle nous prenons de belles résolutions que nous avons l'impression de ne pas tenir et de renouveler tous les ans. A quoi cela va-t-il servir ?

 

En fait que nous demande l'Église ? Que nous demande le Seigneur ?

 

Il ne s'agit surement pas de faire des sacrifices pour eux-mêmes, comme une performance. L'autre danger serait de prendre cette période trop à la légère, comme dépassée, pratique datant d'une autre époque.

Connaissant notre faiblesse et notre tentation de vivre au jour le jour, emportés par les événements, l'Église nous invite à recentrer notre existence. Face au don d'amour extraordinaire manifesté par Jésus sur la croix, que vivons-nous de cet amour ? Nous laissons-nous atteindre par lui au plus profond de notre être, purifiés, désencombrés de tout ce qui est superficiel, vaniteux et superflu ? Comment le partageons-nous avec les autres ? Avec nos proches, bien sûr, mais aussi avec tous ceux qui comptent sur nous, tous ceux qui sont dans le dénuement et la famine.

 

Que notre prière nous donne de contempler la grandeur de l'amour de Dieu, de l'accueillir et d'en vivre.

                Que le temps du carême me réveille Seigneur.

                   Qu'avec ton Esprit-Saint l'enthousiasme m'habite.

                   Pris par mes habitudes, la tiédeur me guette.

                   Tu m'invites à prendre les pas de ton Fils.

                   Empli de l'Espérance apportée par Lui,

                   guidé par sa lumière, fort de sa présence,

                   donne-moi de marcher ouvert à ton amour,

                   sacrement pour les autres de ta miséricorde.

 

Pierre Willermoz